Comme un journaliste

Dans une autre vie, j’ai été journaliste en presse écrite. Ouep. Un gros 1 an et 8 mois dans un journal francophone de Sudbury, où j’écrivais en moyenne 6-10 articles par semaine. Le Voyageur est un journal hebdomadaire, ce qui donnait souvent le temps d’avoir des articles de qualité en surtout, des articles dont les sujets étaient approfondis et bien recherchés.

Pourtant, tout en ayant cette opportunité d’avoir des articles approfondis et recherchés, nous, les journalistes, nous devions nous adapter à nos lecteurs. Ce que je me rappelle, c’est que nos lecteurs étaient de niveau 2 à 3, ce qui veut dire qu’il fallait utiliser un langage familier que les gens pouvaient bien comprendre sans trop se forcer. Il n’y a rien de négatif dans le fait d’être un lecteur de niveau 2 à 3, au contraire : j’utilise simplement une notion que j’ai jadis apprise en formation, soit que les gens de niveau 1 utilisent un langage plus intellectuel et compliqué que les gens de niveau 5. Vous comprenez dont que le lecteur qui est de niveau 2 à 3 est un lecteur moyen (ni trop intellectuel, ni trop stupide) : lire également entre les lignes, un lecteur pressé.

Donc, au cours de ma (courte) carrière en journaliste de presse écrite, j’ai écris de nombreux articles qui débutaient toujours avec le même genre de paragraphe qu’on appelle un lead. Bien sûr, il y avait le surtitre (si nécessaire), le titre, la date et l’endroit et le fameux lead (souvent en gras dans les articles), qui parfois me donnait mal à la tête. Pourquoi? Parce que ce dernier est un paragraphe très court qui regroupe l’information suivante : qui, quoi, quand et où. Le comment vient souvent après. Facile à écrire, vous vous dites? Pas tant que ça. Un de mes défauts était de trop vouloir en dire dans le lead, ce qui avait un gros risque de perdre l’intérêt du lecteur.

Ainsi, pour revenir à un petit détail exprimé ci haut, le lecteur d’un niveau 2 ou 3 est un lecteur pressé : un lecteur qui lit le lead et qui poursuit la lecture de l’article si le sujet l’intéresse, ou sautait à l’article suivant dans le cas contraire. Donc, il était tout à mon avantage d’écrire un bon lead si je voulais que mon article soit lu !

Vous voyez où je veux en venir, n’est-ce pas? Bingo! Vous l’avez trouvé : écrire un lead dans un article de presse écrite revient presque au même que de communiquer ses idées sur Facebook ou par le biais de Twitter. Il fallait que mon contenu soit concis, clair, précis et orienté vers l’action (pour attirer l’attention du lecteur), que le lead soit aussi pertinent, utile et intéressant (en répondant au qui, quoi, quand et où), également familier, professionnel et facile à comprendre (pour rejoindre les gens de niveau 2 ou 3) et exempt de jargon des entreprises ou des personnes dont il était question dans l’article (pour éviter l’incompréhension).

Ainsi, sans trop m’en douter, mes années de journaliste en presse écrite étaient en fait d’excellentes pratiques pour le futur (lire ici le ‘’maintenant’’), pour les médias sociaux pour être plus précise. À savoir que des années d’expériences, dans des emplois qui à priori ne nous ont pas trop intéressés au départ, nous apportent des connaissances que nous pouvons réutiliser aujourd’hui va constamment continuer de me surprendre. Qui sait si mon  expérience de travail de 9 mois comme commis de plancher dans une pharmacie ne me servira pas un jour? Seul l’avenir me le dira 🙂

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