La baladodiffusion : une compagne de voyage parfaite

Mon père, Raynald Lesage, est décédé le 4 janvier 2012, à la suite d’une maladie peu connue qui affecte environ 7 personnes sur 100 000 : la sclérose latérale amyotrophique (SLA). En résumé la SLA,  également connue sous le nom de maladie de Charcot ou de maladie de Lou-Gehrig, est un trouble neuromusculaire. Elle est causée par la destruction progressive des neurones moteurs qui envoient des « messages » électriques du cerveau jusqu’à la moelle épinière ou de la moelle épinière jusqu’aux muscles. Ces cellules commandent les mouvements musculaires.* Ainsi, plus la maladie avance, moins la personne atteinte est en mesure de bien parler, de bouger ou tout simplement de marcher.

Mon père, âgé de 69 ans, est parti trop tôt, trop vite. Il n’a pas eu le temps de réaliser tous ses rêves, et Dieu sait qu’il en avait beaucoup. Un de ses rêves le plus cher était de marcher le célèbre pèlerinage Saint-Jacques-de-Compostelle, qui consiste en une marche de plus de 30 jours de la France à l’Espagne. Vous connaissez? Si non, je vous invite à faire une recherche sur Google.

Donc, le Chemin Saint-Jacques-de-Compostelle, ce long et beau pèlerinage de presque 800 kilomètres, je le répète, à la marche, mon père l’avait commencé en 2007 et en 2008, mais il n’a jamais pu la terminer : la maladie commençait déjà à faire des ravages et nous, autant que lui, en avions aucune idée.

En avril 2012, le deuil devenait de plus en plus difficile pour moi. J’avais de la difficulté à accepter le fait que mon père avait quitté ce monde… Je me suis dit : je dois faire quelque chose pour enfin réussir à faire la paix avec Dieu, mais surtout, pour accepter, au moins un peu, sa mort (et me dire qu’il ne souffre plus où il est présentement). C’est ainsi que j’ai eu l’idée d’aller terminer ce pèlerinage pour mon père et de marcher les kilomètres qu’il lui restait à parcourir, soit plus de 500 kilomètres.

C’est ainsi que, le lundi 10 août 2012, j’ai pris l’avion pour l’Europe et que le lundi 13 août, je commençais à marcher sue ce beau et mystérieux Chemin. Je n’étais pas certaine de le terminer : on s’entend que marcher 500 kilomètres à environ 30 kilomètres par jour, ça ne se fait pas en cliquant des doigts. Ça prend un moral d’acier et une volonté du tonnerre. Par contre, si vous vous posez la question, oui, je l’ai fait : j’ai marché 501,3 kilomètres en 18 jours (au lieu 21 jours, tel que je l’avais planifié).

Aide de la technologie

J’entre maintenant dans le vif du sujet, après cette longue introduction : la baladodiffusion. Avant de partir en voyage, j’ai dû faire une introspection, donc apprendre à me connaître un peu plus. Je savais que je ne pouvais pas partir sans avoir quelque chose à écouter pendant que je marche, que ce soit de la musique ou…? Ou quoi, exactement, me suis-je mise à penser? C’est ainsi que j’ai commencé ma recherche sur la technologie qui était à ma disposition pour faire ce long et grand voyage, qui a été en fait le plus beau voyage de ma vie, jusqu’à date. Je ne pouvais pas avoir accès à Internet en marchant (très dispendieux) alors des fichiers d’échange comme YouTube ou Vimeo étaient hors de question.

Miro aurait été un logiciel pratique, maintenant que je l’ai étudié un peu, mais vu que j’avais déjà un iPhone et que j’adorais utiliser iTunes, j’ai décidé de me tourner vers ce dernier.

J’ai donc téléchargé (et payé, important de le préciser) beaucoup de musique avant de partir ainsi que les albums du drôle et sympathique François Pérusse. Une chance d’ailleurs que j’avais téléchargé quelques albums sur mon iPhone avant de partir parce que j’ai trouvé comment utiliser mon mini lecteur MP3, que mon conjoint avait gentiment remplit de chansons, lors de ma dernière journée de marche!

J’ai aussi trouvé, sur Internet, les meilleurs podcasts qu’on ne peut pas trouver sur le marché pour ce genre d’aventure : des cours d’espagnol (et je m’en allais en Espagne!). J’ai donc téléchargé plus de 20 leçons d’espagnol sur mon iPhone avant de partir. Ces podcasts m’ont fait oublier, pour quelques instants à la fois, la douleur dans mes pieds, dans mon corps entier, et surtout, la chaleur lors de longues journée de marche.

J’ai également beaucoup utilisé les fichiers de partage pair-à-pair puisque j’avais créé un groupe Facebook dans lequel je mettais des vidéos de mon voyage pour mes amis(es) et ma famille qui ne pouvaient pas être avec moi. Beaucoup plus simple de télécharger une vidéo sur Facebook que de l’envoyer à tout le monde par courriel (et le fichier n’aurait probablement pas passé de toute façon). Avoir su par contre comment utiliser Flickr, j’aurais eu la chance d’envoyer beaucoup plus de photos à mes amis(es) qui n’avaient pas Facebook, mais qui désiraient suivre mon périple. Mais bon, ces derniers ont dû se contenter de quelques courriels.

En résumé, mon pèlerinage sur le Chemin Saint-Jacques-de-Compostelle a été un pèlerinage 2.0 : la technologie était bien présente, avec moi, mais ma marche en n’était pas moins spirituelle et surtout, ça m’a permis de faire, un peu, la paix avec la mort de mon père et, bonus, de réaliser ce grand rêve pour lui.

 

* http://sante.canoe.ca/condition_info_details.asp?disease_id=4

 

 

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2 réflexions au sujet de « La baladodiffusion : une compagne de voyage parfaite »

  1. Quelle belle générosité de ta part (de partager ceci avec nous!) Je dois dire qu’il y a quelque chose de très intéressant dans le fait d’allier la technologie 2.0 à un chemin qui est emprunté depuis le temps des Croisades, au Moyen-Âge! Il y a tellement de choix sur les sujets ou les intérêts les plus variés dans les sites de partage de contenu multimédia que tout le monde y trouve son compte, peu importe les circonstances.

  2. Merci Annie. Bien que l’utilisation de la technologie 2.0 m’a aidé sur le grand et beau Chemin de Compostelle, j’ai souvent eu des repproches de la part de d’autres pèlerins sur son utilisation qui ne faisait pas, d’après eux, très pèlerinage. Enfin, tout ce que je pouvais leur dire c’est que chacun fait son Chemin comme il l’entend afin d’en assurer son succès et de mettre le plus de chances de son côté de le terminer. Si je n’avais pas eu accès à la technologie 2.0, je ne suis pas certaine que j’aurais terminé mon pèlerinage.

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